
Homme d'état et Roi
(Belge)
Né le 07 septembre 1930
Décédé le
31 juillet
1993 (à l'âge de
62 ans)
Baudouin (Boudewijn en néerlandais, Baldwin en anglais),
Albert, Charles, Léopold, Axel, Marie, Gustave (Château
du Stuyvenberg, le 7 septembre 1930 - Motril, Espagne,
31 juillet 1993), cinquième roi des Belges, du 17
juillet 1951 au 31 juillet 1993. Second enfant et
premier fils de Léopold III et de la reine Astrid. Titré
comte de Hainaut alors que son père était encore duc de
Brabant. Il est le frère du roi Albert II (né en 1934)
et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de
Luxembourg (1927-2005).
Les jeunes années
Son enfance est marquée par la mort accidentelle de sa
mère, alors qu'il n'a que 5 ans, puis par la Seconde
Guerre mondiale, vécue en France, en Espagne, puis entre
Bruxelles et Ciergnon, dans les Ardennes. Juste après le
Débarquement, la famille royale est internée en
Allemagne, puis en Autriche, où elle fut libérée le 7
juin 1945 par les troupes américaines. Commence alors la
« question royale » qui oblige la famille royale à
s'exiler en Suisse jusqu'en juillet 1950.
Si la consultation populaire de mars 1950 montre une
volonté des Belges de voir revenir le roi Léopold III,
les résultats
Un long règne
Si la Belgique est une
monarchie parlementaire où le roi ne peut exprimer
publiquement d'opinion qu'avec l'accord du gouvernement,
le roi Baudouin a eu une influence certaine sur les
gouvernements qui se sont succédé pendant ses
quarante-deux années de règne. Sur le plan
international, c'est la création de la
CECA en
1951 et de la
Communauté économique européenne
en
1957, de l'Exposition
universelle de Bruxelles en
1958. En
1955, il accomplit une
tournée triomphale au Congo belge, visitant toutes les
régions du Congo colonial qui est alors à son apogée et
le Roi est partout accueilli chaleureusement par des
populations indigènes. Néanmoins 4 ans après ce voyage
triomphal, le Roi Baudouin annonce, en 1959, l'intention
du Gouvernement d'accorder l'indépendance au Congo. Le
30 juin 1960, le Roi assiste à la transmission des
pouvoirs à Léopoldville.
Roi triste
C'est seul que le roi
Baudouin commence son règne. En Belgique, ces années
sont marquées par la question scolaire qui oppose les
partisans de l'école catholique et ceux de
l'enseignement public.
Ainsi, en
1990, il refuse de
sanctionner une loi
proposant la dépénalisation conditionnelle de l'avortement.
Sur la demande du roi et sur la base de l'article 82 de
la Constitution, le
Conseil des ministres
constata alors que le roi était « dans l'impossibilité
de régner » ce qui permit au seul Conseil des ministres
de sanctionner la loi le
3 avril 1990.
Le
5 avril suivant, le roi
fut rétabli dans des fonctions après un vote des
Chambres réunies constatant que l'impossibilité de
régner avait pris fin. Beaucoup de Belges ont considéré
cette astuce comme non-légale puisque la Constitution
n'envisage que les cas de maladie ou d'éloignement
physique du roi. De plus, la constitution[1]
ne donne les pouvoirs du Roi aux ministres qu'en cas de
décès de celui-ci[2];
en cas d'impossibilité de régner, c'est aux chambres
réunies de pourvoir à la tutelle et la régence[3].
Au cours de son règne,
le roi Baudouin a dénoncé le racisme et la xénophobie
dans ses discours, et n'a jamais reçu en audience aucun
représentant de l'extrême-droite (Front national et
Vlaams Blok). A la fin de sa vie, il s'était investi
dans la lutte contre la traite des êtres humains et une
prostituée lui a rendu un vibrant hommage lors de ses
funérailles devant un parterre de chefs d'Etat médusés!
Famille
Le
15 décembre 1960,
il épouse doña
Fabiola de Mora y Aragón
(qui devient ainsi la reine Fabiola). Le mariage est
célébré en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à
Bruxelles et est retransmis à la télévision, une
première pour un mariage royal en Belgique. De cette
union, aucun héritier ne naîtra. Son neveu, le prince
Philippe est pressenti
pour lui succéder et est formé en ce sens, laissant
croire que le prince Albert ne monterait jamais sur le
trône.
Fondation Roi-Baudouin
En
1976, lors des
célébrations des 25 ans de son règne, le roi Baudouin
exprime le souhait de voir une fondation contribuant à
l'amélioration des conditions de vie de la population :
la
Fondation Roi-Baudouin
est donc créée à l'aide des fonds récoltés. Fondation
d'utilité publique indépendante et pluraliste, elle a
pour objet d'améliorer les conditions de vie de la
population sur les plans économique, social, culturel et
scientifique. Elle soutient l'engagement de tous les
acteurs de la société afin de générer des changements
durables qui contribuent à davantage de justice, de
démocratie et de développement. Elle combine la
réflexion de fond, la mise sur pied d'initiatives
propres et l'aide financière en faveur de projets de
tiers. Elle agit tant à court qu'à long terme.
Tous les deux ans, la
Fondation Roi-Baudouin remet le Prix international
Roi-Baudouin pour le Développement (d'une valeur de
150.000 euros) afin d'appuyer et faire connaître des
projets ayant apporté une contribution majeure au
développement des pays du Sud ou à la solidarité entre
pays industrialisés et ceux en développement.
La Fondation
Roi-Baudouin gère de nombreux fonds d'entreprise et
fonds nominatifs, comme le Fonds Reine-Fabiola pour la
santé mentale, le Fonds Prince-Albert, le Fonds
Prince-Philippe et le Fonds Princesse-Mathilde.
Décès
[m
Le
31 juillet 1993,
le roi meurt d'un arrêt cardiaque lors de vacances à
Motril, en
Espagne. C'est son
frère,
Albert II, qui lui
succède sur le trône de Belgique le
9 août 1993.
De nombreux Belges (500 000 ?) lui rendront hommage en
venant s'incliner devant sa dépouille. Ses funérailles
rassemblent un grand nombre de chefs d'État du monde
entier : de la reine
Élisabeth II du Royaume-Uni
à l'empereur
Akihito du
Japon, en passant par
le président français
François Mitterrand. La
reine
Fabiola, très pieuse,
souhaitant une messe de gloire et d'espérance, était
habillée de blanc, couleur de la résurrection (également
couleur de deuil des reines
catholiques).
Source : Wikipedia